La valeur du Free Fight et du combat sportif

Encore une réflexion !!! Et oui,… la semaine passé, je vous confiais mon avis personnel sur l’efficience du Free Fight, et voilà qu’aujourd’hui, je vous fais part de mes vues sur la valeur intrinsèque de cette même discipline, et de tout ce qui concerne le combat sportif en soi. Les mauvaises langues diront que je parle plus que je ne pratique, mais à vrai dire, c’est dans le peu de temps mort qui me reste que je peux caser mes  » rédactions  » pour ce merveilleux blog aimé de tous… (quoi je me prends la tête ?! Bon OK, j’recommencerai pas, promis!). Loin de prétendre à statuts de philosophe (que je ne suis pas), je vais vous faire part de mes réflexions sur le sujet !

Je parlais donc de la valeur du  » Free Fight « , ce qui ressemble à un cynisme éhonté pour beaucoup de personne ;  » Quoi ? Ce monde de  » sans-cerveaux  » body-buildé à mort où s’exacerbe le machisme le plus exagéré ? Ce monde qui fait la belle part à la violence brute ? Ce panthéon d’abrutis orgueilleux si fier de leurs gros bras qu’ils sont devenus incapables d’user de leurs cervelles ? « , … ouais exactement ! C’est de ce milieu là que je vais parler.

Qu’est-ce qu’on peut trouver de bien à se foutre sur la gueule ? Hein, franchement ? …Ben pas mal de chose en fait. Même si c’est dit sous des termes très limites, voir insultants, la confrontation est toujours source d’expérience. Mais de quelle expérience me demandera-t-on ? De l’expérience d’en prendre plein la tronche et d’avoir un malin plaisir à écraser son adversaire ?! …Ben non pas vraiment, il n’est ici question d’aucun sadisme et d’aucun masochisme, qu’on se le dise !!!

Ce que les sports de contacts demandent et ce qu’ils apportent

Non, en fait, le Free Fight et les sports de combats demandent beaucoup de sacrifices et d’efforts finalement comme tout autres sports pratiqués avec passion – ; transpiration, épuisement, répétitions, courbatures, etc. sont des mots connues du pratiquant. Mais ce que les sports de combat possèdent en plus, c’est bien cette notion du… combat ! Et qui dit combat dit risque et douleur !!! Pas joyeux-joyeux, n’est-ce pas ? Et pourtant… et pourtant… qu’est-ce qu’on apprend en leçon de vie en pratiquant ces disciplines ! Certains diront que se prendre des coups, c’est cher payé pour ça. Et moi je dis que chaque coup vous apprend quelque chose, et d’ailleurs il vous apprend souvent les mêmes choses ; quelle humiliation que d’en prendre une, ça fait mal à l’égo, et ça nous remet à notre place ! Ca nous rappelle aussi que l’on est tout sauf invincible (certains – même au niveau pro – le croient, mais la réalité leur donne vite quelques leçons mémorables), et ça nous apprend aussi à gérer la douleur et à faire face à elle.

Quand les coups dures arrivent pour les premières fois, on tourne la tête, on fuit, on abandonne… et puis au fur et à mesure, on apprend à rester face à l’attaque et à ne plus se dérober. Et une fois qu’on fait face, on apprend aussi à donner. Car il est bien beau de supporter, mais il est bon de savoir se battre et changer la donne. Le combat nous impose un rythme et on n’y fait pas ce qu’on veut ; on se doit de gérer des coups qu’on ne choisit pas et de supporter des douleurs dont on se passerait volontiers – l’excellence du combattant sera justement de passer au-dessus de ce phénomène pour, non-seulement affronter le risque et la douleur, mais la contrer carrément pour que la situation redevienne bonne pour lui. Et n’est-ce pas là ce que nous essayons de faire dans la vie : les coups dures (qu’on ne veut jamais) se présentent, on affronte ou on se barre. Choisis ton camps, combattant !

La douleur ? C’est pas mauvais ça ?

Haaa la douleur, la souffrance, le mal physique… tant de chose qu’on évite avec le plus précieux soin ( pas marrant de se prendre des coups ), souvent à juste titre ( prendre trop de coups peut être dangereux, regardez les boxeurs de la boxe anglaise ), mais trop souvent par peur d’endurer ! C’est peut-être l’époque qui veut ça, ou une certaine évolution (régression ?) de l’idée de l’homme. Toujours est-il que dans un monde où l’on fuit systématiquement la douleur (ou tout du moins son risque) comme on fuirait le diable s’il était à nos trousses fait que les hommes osent peu et n’apprennent pas grand chose – hormis une chimère, une illusion qui leur fait croire que le monde leur tourne autours et de fait, ils jugent intolérables le moindre pépin, en se lamentant comme des gamins capricieux, sans même essayer de changer la chose.

A notre époque, on considère la douleur comme une sorte  » de phénomène cruel et immoral « , et pour tout vous dire, je ne comprend pas ce genre de considération. La souffrance (physique notamment) est, depuis la nuit des temps, LE mécanisme qui protège la survie de l’espèce humaine en lui donnant l’alerte. Au nom de quoi rejette-t-on un système aussi perfectionné ? Et ce qui marche à l’échelle  » communautaire  » fonctionne très bien pour l’individu en soit. Au niveau d’un sport de contact quelconque, prenez quelques droites bien placé dans le faciès, et vous comprendrez très vite ce que doit être une bonne garde pour protéger votre visage. La théorie, c’est bien, mais au bout d’un moment, faut aussi passer à la pratique.

Certains disent que la douleur est une chose qui ferme votre esprit au lieu de l’ouvrir… Ben tiens ! Supposez qu’un prof de  » je-ne-sais-quel-art-martial  » se soit contenté de vous apprendre de la technique, de la frappe, de la puissance, de l’esquive, etc. mais sans jamais montrer à l’élève les effets de quelques frappes biens placés (sans pourtant lui créer de lésions graves, ou un risque éventuel léthal), pour ne pas  » effrayer  » l’élève et ne pas lui faire de mal (pas bon pour son esprit, vous comprenez), et l’ait simplement averti en disant  » se faire taper, ça fait mal, alors attention !  » … jusqu’à ce qu’il s’aperçoive que l’élève fait partie d’un des plus avancés et, intéressé par la compétition et la découverte de l’efficacité réelle de sa discipline, il s’inscrive à un tournoi (permettant ce genre d’affrontement) et se fasse littéralement péter la tronche… Qui est coupable ? Imaginons que ce même élève (toujours très avancé dans son école) se retrouve embrouillé (à son insu) dans la rue et qu’il prenne une rouste mémorable… Qui est coupable ? Le prof ou l’élève ? Un peu de deux ? La première et grosse part de responsabilité revient au prof. C’était à lui de lui ouvrir les yeux sur la réalité du combat (ultime finalité des arts-martiaux, faut-il le rappeler), sur ses conséquence et ses risque. Bref, quoi qu’il en soit, c’est une drôle de façon d’ouvrir l’esprit des élèves…

Ce qui différencie le Free Fight des autres sports de combat

Mais revenons plus précisément au Free Fight… Pourquoi le Free Fight et pas autre chose ?

D’une part, On pourrait déjà mentionner la liberté relative du combattant par-rapport à une autre discipline – en effet, user des pieds, des poings, des coudes, des genoux, lutter debout, lutter au sol, frapper au sol, applications de clefs de bras, de jambes, les strangulations, etc. Difficile de trouver plus complet en matière de sport de combat – en fait, la différence se fera surtout au niveau des règles spécifiques des organisations de MMA ( » Mixed Martial Arts « ).

Et d’autres parts, atteint un certain niveau, le Free Fight demande de l’innovation, de la créativité, et en gros : de l’imagination. Pourquoi ? Et bien les combats étant fréquents en MMA, les compétitions regroupant des combattants de qualités et bien formés, les techniques deviennent très vite connues ! Inventez une nouvelle façon de placer une clef, appliquez là en combat dans une organisation qui est filmé (UFC ou PRIDE, pour prendre les plus connus) et le mois suivant, tout les clubs de Free Fight l’auront analysé et commenceront déjà à la pratiquer.

C’est un sport qui requiert énormément de connaissance de base et un travail énorme pour se sentir autant à l’aise debout qu’au sol. Mais cela n’est que la première partie. Dans la suivante, ce sera à vous d’inventer et d’innover. Le Free Fight, c’est une base solide qui se construit toujours plus haut. Et ça, peu d’arts-martiaux ou de sport de combat peuvent en dire autant – ou du moins pas à ce niveau.

L’esprit du combat

Un terme un peu pompeux, c’est vrai, mais qui n’est pas sans sens.

Une immersion dans ce milieu, ou juste une « plongée » fréquente (mettons 2 fois par semaine :-P) vous le fera comprendre. Vous comprendrez qu’il n’y a pas besoin d’un Kimono, d’un salut spécial, ou d’un rituel particulier pour apprendre aux pratiquants des notions comme le respect, le sens de l’effort, des difficultés à abattre ou encore de la volonté de se dépasser soi-même. D’expérience personnelle (donc ça n’engage que moi), j’ai vu bien plus de Fair-Play dans le Free Fight en général que dans le Football. Ca n’exclue pas quelques cons qui trainent ici et là, mais le milieu du Free Fight est un milieu où le respect des combattants est inversement (et paradoxalement) proportionnel à la violence des coups qu’ils échangent… Mais c’est peut-être pour ça qu’ils se respectent : parce qu’ils ont en face quelqu’un prêt à subir ce qu’on a à  » donner  » et qu’on fait de même. Et peut-être aussi parce qu’un combat, gagné ou perdu, est toujours source d’apprentissage – on en ressort toujours grandi (et  » un peu  » cassé, c’est vrai…) et ce grâce à l’autre.

Comme écrit plus haut, on apprend toujours des coups qu’on reçoit (au sens propre comme au sens figuré – et c’est bien le cas de le dire, tiens😛 ), et il ne tient qu’à nous d’en tirer le meilleur pour nous-même – et pourquoi pas pour les autres – l’expérience d’autrui, ça aide aussi :)…

A propos Jack Hammercore

"Il n'y a que la vérité qui blesse"... Non, y'a mon poing dans ta gueule aussi!
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2 commentaires pour La valeur du Free Fight et du combat sportif

  1. Un grand bravo à ta façon de présenter les choses.
    Une argumentation soutenue par des exemples concrets et réels (oui oui).
    C’est une pierre de plus posée à l’édifice et qui permettra d’éduquer (je l’espère) quelques esprits égarés pensant encore qu’il ne s’agit que d’un pur sport de brute sans cervelle.

  2. ippo dit :

    Ouai pas mal du tout. Je vais forwarder ton texte, afin d’ouvrir l’esprit de certaines personnes🙂

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